Les croqueurs de mots, François David / Dominique Maes, éd. Motus – 2014

Les croqueurs de motsUne rencontre entre les mots, mots qui s’accordent, qui s’enchaînent, comme une danse, ils nous entraînent dans leur mélodie et c’est la fin. Une fin qui nous ouvre la faim, faim des mots, car c’est avec avidité que nous tournons la page pour en découvrir de nouveaux. Mais peut-on vraiment parler de fin alors que ces mots, même si nous en voudrions encore nous laissent un délicieux goût dans la bouche, dans le cœur ?

Pour les lecteurs friands de mots, voici une gourmandise, un mariage entre les mots pour apaiser nos maux au moyen de succulentes recettes. Un livre de mots gourmands et croquants, faisant sens à travers régal de jeux de mots et consonances. Des jeux de mots multiples, habiles et amusants, tout en poésie. On se laisse charmer par ces courts poèmes riches en signification ainsi qu’en émotion.

Les mots, les maux, émotions, mots fruités, mots délicats, mots grognons, mots câlins, mots blessures… Les mots sont partout dans ce recueil de 33 poèmes, 33 recettes de mots gourmands et appétissants. Des recettes de mots pour qui aime les déguster, les goûter, les croquer, s’en rassasier ! On se délecte de ces mots allègres, amoureux, et friandises. Chuchotés ou à demi-mots, doux et profonds, ces poèmes sauront vous régaler de leurs multiples saveurs.

Un recueil où illustrations et mots se rencontrent et s’accordent pour former un régal littéraire et artistique. Il n’y a qu’à lire, ou devrait-on dire déguster, le premier poème, sorte de mise en bouche, pour rendre compte du bon usage des mots.

Bon appétit 

Quel plaisir

de déguster les mots

les avoir bien en bouche

les mâcher mâchonner mâchouiller

les mordiller les mastiquer

avec une extrême gourmandise

en savourant

les jus de mots 

Les illustrations, en noir et blanc, colorées par la force des mots, accompagnent joliment et avec humour et gaieté le texte. Un régal pour les petits comme pour les grands, pour jouer avec les mots, s’en réjouir. On se régale, et une fois le livre fini, on en veut encore, car on ne se lasse pas de tant de gourmandises !  

Qui après la lecture d’une telle gourmandise oserait encore dire qu’il n’aime pas la poésie ?

Chut

Chut

retiens tes mots

bouche cousue

motus

pour dire tellement plus

avec moins

Écoutez les mots et savourez-les. 

À partir de 7 ans – 69 pages

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Les enfants d’Izieu, Rolande Causse, éd. Oskar – 2014 (réédition)

Image« Léa regarde son poignet / On vient d’y tatouer le numéro 78620 / Une femme s’approche / Léa demande / « Où sont les enfants ? » / « Regarde / Tu vois la cheminée / Les flammes qui sortent / Tu sens l’odeur âcre / Tu n’as toujours pas compris ? » »

C’est avec émotion et beauté des mots que Rolande Causse retrace l’histoire de ces 44 enfants nés juifs et des 7 adultes qui s’occupaient d’eux dans la maison familiale d’Izieu, tous déportés pendant la guerre, le 6 avril 1944. Sur ordre de Klaus Barbie, des gestapistes entrent dans la maison d’Izieu et emmènent avec eux enfants et adultes. Ils seront envoyés au camp de la mort d’Auschwitz.

Elle utilise ici le style poétique qui permet d’exprimer la peur, l’abandon, la déportation, le camp, la rafle. La poésie vient ici apporter une touche d’émotion à cet événement terrible de 1944. Mais elle vient aussi clamer l’horreur et l’injustice, à l’aide de mots choisis avec justesse. Un récit court, avec des phrases dénuées de points final, car où et pourquoi mettre un point à des événements qui racontent une horreur perpétuelle, des atrocités sans fin, une histoire qui se doit de rester dans mémoire, qui ne doit pas tomber dans l’oubli ?

Les enfants d’Izieu comporte 3 parties :

Première partie :

  • Les enfants d’Izieu – Poème
  • Izieu, cache heureuse
  • Drancy, une insupportable attente
  • Auschwitz, l’innommable

Deuxième partie :

  • Les enfants d’Izieu – Opéra

Troisième partie : Partie documentaire

  • Atelier d’écriture autour des enfants d’Izieu
  • Repères chronologiques depuis la montée du nazisme à nos jours

À partir de 11 ans – 142 pages