La Somnambule, Helen McCLOY (adaptation de Stéphane Michaka) – Jean-Louis THOUARD – éd. Rivages/Casterman, coll. »Noir » – 2013

L.10EBBN001617.N001_LaSOMNAMB_C_FRL’histoire se déroule à Boston en 1974. Marian Tansey, personnage principal mais aussi narratrice interne de l’œuvre, est une jeune femme employée dans une boutique d’antiquités appartenant à Ruth Haviland, chez qui elle loue un appartement.

Amnésique et sujette aux crises de somnambulisme, les souvenirs les plus anciens que Marian conserve ne vont pas au-delà de deux ans. Prise de terreurs nocturnes, elle devient paranoïaque au sujet de ceux qui l’entourent, persuadée qu’on lui veut du mal, et inquiète du fait que quelqu’un utilise sa voiture à ses dépens, la nuit. Oscillant entre peur et doute, elle tente de démêler la vérité, de mener l’enquête sur son passé, de discerner ce qu’elle a vécu de ce qui ne peut être que sombres cauchemars, ce qui l’entraîne dans les spirales infernales d’un cauchemar qui prend des proportions réelles.

L’histoire commence à se démêler lorsque Rebecca Shelby, une jeune femme employée récemment à la boutique avec qui Marian entretien une relation assez tendue, est assassinée au bas de leur immeuble, alors que le tueur était à la poursuite de Marian. De là découlent une série d’événements qui mèneront à un dénouement assez brusque, mais révélateur du comportement psychologique de Marian.

getimage_copieVéritable suspens à portée psychologique, cette œuvre lie avec habileté le vrai et le faux, l’illusion avec le réel. Cette œuvre nous plonge dans le rêve, le cauchemar, les souvenirs vagues, l’impossibilité de démêler la vérité vraie. L’atmosphère sombre qui ponctue l’œuvre crée une véritable tension. Le récit, ponctué d’événements plus mystérieux les uns que les autres, nous entraîne à la recherche d’un passé oublié, effacé, et la voix off de l’héroïne contribue à semer le doute, l’incertitude dans cet univers du faux-semblant.

Peu d’indices nous révèlent le drame de sa vie passé et le fait que quelqu’un lui veut vraiment du mal, ce qui sème le doute dans l’imagination du lecteur : Marian ne serait-elle pas folle ? 

Image1 Image2Comme Marian, le lecteur ère, somnambule, découvrant le fil de l’intrigue au même moment où elle-même le découvre, ce qui accentue le suspens. L’histoire se trame d’événements en événements, sombres et flous, et surtout de plus en plus sombres à mesure que l’on approche de la vérité.

À partir de 15 ans, 86 pages

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America’s got Powers, T. 1, Jonathan Ross / Bryan Hitch, éd. Panini Comics – 2015

America's Got PowersCela fait 17 ans qu’un cristal venu du ciel est apparu sur la ville de San Francisco, faisant émaner une lumière vive, suite à quoi les femmes alors enceintes ont donné naissance à des êtres dotés de supers pouvoirs, physiques ou psychiques. 

Aujourd’hui, l’émission de télé réalité America’s Got Powers met en scène ces ados aux pouvoirs surnaturels. Disposés au centre d’une arène, ceux-ci n’ont d’autre choix que de s’engager dans des combats toujours plus violents au fil des saisons, de quoi attiser l’intérêt du téléspectateur avide de ces luttes pouvant mener à la mort… 

Cette BD super héroïque aux coloris bien plus sombres que ne le laisse présager la couverture est en réalité une véritable critique du pouvoir médiatique. BD aux fortes allures d’Hunger GamesAmerica’s Got Powers nous entraîne au coeur d’une société dirigiste à l’enjeu unique : décrocher dans cette lutte sans merci une place au sein du groupe Génération Pouvoirs. L’histoire se recentrera sur Tommy Watts, surnommé Zéro du fait de son absence totale de pouvoirs. À moins que ceux-ci ne se soient pas encore manifestés… 

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Les illustrations se veulent au plus proche de la réalité et représentent bien le réalisme dans l’art, étant agrémentées de nombreux détails – peut-être un peu trop, au risque de venir troubler la lecture -. De même, les cases se mêlent et s’entremêlent, et dans cette fusion de couleurs et de flashs-back, difficile de ne pas s’y perdre. Une lecture qui se fait un peu longue dû à la volonté de nous présenter l’univers ainsi que les personnages qui le composent, mais à notre grande surprise, le rebondissement de la dernière planche donne finalement et indéniablement envie de lire et de découvrir la suite de l’histoire !