Mémoire d’elles – Tammy Greenwood, Ed. Milady – 2014

« La mémoire est comme l’eau. Elle s’infiltre et inonde. Elle peut vous rendre léger comme une plume ou vous noyer. Ainsi sont mes souvenirs d’Eva : rêves liquides d’un passé aussi insaisissable qu’un morceau d’océan. Certains jours, ils me maintiennent à flot. À d’autres moments, leur courant redoutable menace de m’emporter »

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Mères au foyer, la vie de Billie et Eva a prit un tournant auquel elles n’étaient pas préparées. Vie de femme, vie de mère, elles en attendaient davantage… Malmenées par leur mari respectif, leur devenir semble tout tracé : une vie de solitude, de platitude, où la routine se fait lancinante. 

C’est de cette amitié florissante que va naître l’amour. Un amour pur, beau, éclot entre Billie et Eva, prêtes à tout pour vivre cette nouvelle vie qui leur semble promise. 

Mais au-delà des rêves, des espoirs et des désirs, il y a le monde qui les entoure, la société dans laquelle leur amour tente de s’épanouir : en plein cœur des années 1960, dans le Massachusetts, pourront-elles et sauront-elles faire face au conformisme ? Cette poétique toile aux couleurs sensuelles d’un amour clandestin est entachée d’ombres malveillantes et violentes, celles de maris qui se sentent trahis et déshonorés… 

D’une beauté sans pareille, ce roman conte avec poésie une histoire d’amour en deux temps : la narratrice, Billie, vieille dame de 80 ans, et Billie et Eva, 50 années auparavant. Et, terrible lien nouant entre eux ces moments de vie, présent et passé, un drame. 

Roman adultes – 512 pages – Coup de cœur

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Tombée du ciel – Cecelia Ahern, éd. J’ai lu – 2015

51NzY76opML._SX307_BO1,204,203,200_.jpgUn soir, alors que Christine se promène dans la rue, elle fait tout son possible pour dissuader cet inconnu qu’elle croise sur son chemin, Simon, de se suicider. En vain. C’est pourquoi, quand un mois plus tard le destin fait qu’elle croise de nouveau la route d’un homme qui tente de mettre fin à ses jours, elle va donner tout ce qu’elle peut pour lui sauver la vie et l’empêcher de sauter du Ha’Penny Bridge de Dublin. Défi accepté : Adam lui accorde deux semaines, jusqu’à son prochain anniversaire, pour qu’elle réussisse à le persuader que la vie vaut la peine d’être vécue.

Et voilà Christine embarquée dans l’imbroglio qu’est la vie d’Adam, bercée de conflits, tant sur le plan sentimental, professionnel que familial. Christine tentera tant bien que mal de montrer à Adam la beauté de la vie, tout en affrontant les vices de son mari avec lequel elle est en instance de divorce… mais aussi les nouveaux tourments amoureux qu’elle doit affronter. Etape par étape, elle va l’aider à reconquérir le cœur de celle qu’il aime, retrouver son poste, affronter son père austère et faire face aux tourments qui le transpercent de se voir hériter d’une entreprise dont il ne veut pas prendre possession. 

Dépendante de ses livres de conseils de vie tels que Comment vivre dans l’endroit qui vous rend heureux, Quarante-cinq façons d’être optimiste ou encore Quarante-deux trucs pour entretenir des pensées positives quand tout va mal, Christine, pourvue d’un altruisme hors du commun, va mettre sa vie entre parenthèses pour sauver celle de cet homme… Mais elle ressortira grandie et changée de cette aventure, bien plus confiante en elle qu’elle ne l’était, elle qui pourtant semble dotée d’une assurance indubitable. 

Un roman à la verve romantique qui se lit avec plaisir malgré le classique portrait de la jeune femme intrépide et drôle aux allures de femme indépendante qui rencontre le mystérieux bel homme riche… Mais ce roman n’en reste pas moins une belle petite leçon de vie et de légèreté que nous inculque Cecelia Ahern à travers une intrigue habilement composée, mêlant avec brio le thème du romantisme savamment dosé et celui, bien plus délicat à traiter, du suicide. 

 

Roman Adultes – 443 pages

Tout ce qu’on ne s’est jamais dit – Céleste Ng, éd. Sonatine – 2016

Couverture-roman-Celeste-NG-Tout-Jamais-Dit.jpgLydia Lee, 16 ans, est morte, noyée dans un lac. Pour l’heure, sa famille n’en sait rien. 

Céleste Ng nous peint ici le tableau d’un drame qui, au fil des mots, au fil des pages, va lever le voile sur des secrets de famille. 

Une mère au foyer qui projette ses rêves avortés sur sa fille de manière purement excessive, un père d’origine chinoise qui, parce qu’il s’est senti rejeté sa vie entière, rêve de voir ses enfants s’intégrer au mieux mais ne le fait pas toujours de manière délicate. Un grand frère parfois jaloux quant à l’attention (excessive) portée à Lydia et qui rêve de partir à l’université, loin de sa famille et une petite sœur transparente au sein de cette maison où tout tourne autour de la grande sœur prodige. 

Alors, accident, meurtre ou suicide ? 

Bien au-delà du roman à suspense, ce roman tisse les mailles d’un drame psychologique au travers des non-dits, des secrets de chacun, de liens familiaux étouffants et terrés dans le silence… 

Quand le corps de Lydia est retrouvé, chacun devra affronter ses secrets tapis dans l’ombre, les démons de ses échecs personnels. 

Céleste Ng nous plonge au cœur des sentiments de chacun des membres de cette famille brisée par la perte et par l’échec avec brio, nous entraînant sur un carrousel d’émotions liant tantôt colère, tantôt affliction, tantôt compassion… 

Roman Adulte – 320 pages

La théorie de la contorsion, Margaux Motin, éd. Marabout, coll. « Marabulles » – 2010

la-theorie-de-la-contorsion« Je suis quelqu’un d’assez souple, dans la vie, en général. J’veux dire, je m’adapte à peu près à toutes les situations. Mais dès qu’on essaie de me ranger dans des cases et de me coller des étiquettes, je suis trop nombreuses, on fait des crises de claustrophobie. C’est mauvais pour mon teint et en plus, après, je digère mal. Je veux bien être  » Mère « , ça me va.  » Illustratrice « , c’est cool.  » Fiiiille « , ça me satisfait, de toute façon, si je devais faire pipi debout, j’arrêterais pas de saloper mes godasses. Mais je ne peux pas être que ça, tout le temps. Je veux être libre d’être toutes les femmes que j’ai envie d’être, même celles auxquelles j’ai pas encore pensé, même celle que je ne pensais pas vouloir être y’a cinq minutes. Et ça me semble évident que ça serait archi pas écologique tout le papier qu’il faudrait pour coller des étiquettes à toutes ces bonnes femmes… Donc autant nous laisser courir toutes nues dans les champs de pâquerettes. » 

Cette BD fait suite aux extravagantes et pittoresques aventures de Margaux Motin, femme mariée, môman, illustratrice et bien d’autres titres encore, que nous avions découvert avec beaucoup d’humour dans J’aurais adoré être ethnologue… 

Une série de planches dans lesquelles l’on retrouve la simplicité et la légèreté agréables du coup de crayon de Margaux Motin. Une BD cependant qui ne lésine pas, une fois de plus, sur le côté cru pour ne pas dire trash des dialogues : peut-être même inutilement un peu trop ? Somme toute, encore un agréable moment, efficace dans sa veine humoristique. 

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BD Adulte – 176 pages

J’aurais adoré être ethnologue, Margaux Motin, éd. Marabout, coll. « Marabulles » – 2009

jaurais-adore-etre-ethnologue« … j’aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les pygmées, observé la fréquence d’épilation des femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j’aurais même probablement appris à construire une pirogue avec une bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l’alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d’ivresse interminable,un vaste champ de possibles ! Mais je suis une grosse feignante, je vomis quand je suis soûle et j’ai peur des guêpes. Et puis, de toute façon, tout ce que je sais faire, c’est dessiner … « 

Femme mariée, mère (et même môman), véritable fashionista des petits souliers, blogueuse et illustratrice, Margaux Motin nous livre des parcelles de sa vie avec beaucoup d’humour.

Une caricature pittoresque, moderne et dynamique, dont les dialogues crus (et même parfois très crus !) sont contrebalancés avec l’épuration des dessins, aériens et simples. Non, Margaux Motin ne fait pas de manière quand elle veut s’exprimer. 

Un régal de lecture, idéal pour se détendre et s’amuser ! 

En bref, une BD de fille pour les filles ! 

jaurais-adore-2BD Adulte – 176 pages

Le secret du mari, Liane Moriarty – éd. Le livre de poche – 2016

51vwhfA0VHL._SX195_.jpgCécilia découvre par hasard dans le grenier une lettre que son mari a écrite il y a quelques années et sur laquelle il est stipulé : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». Le fait étant que, pour l’heure, son mari n’est pas mort, mais en voyage d’affaires.

La curiosité est trop forte et c’est en ouvrant cette lettre que Cécilia va découvrir un terrible secret… Avouer et dénoncer son mari ? Ne rien dire et ainsi ne pas priver leurs enfants d’un père ? Que faire ? Cécilia est torturée par cette révélation qui l’envahit jour après jour.

Liane Moriarty peint ici un somptueux tableau de destins de femmes qui se croisent et se joignent sur un fond de secrets, d’amour et de tromperie…

Mais quand les non-dits et les silences servent d’édification à la colère et à la vengeance, quand ils forgent une prison autour de notre quotidien, ne risque-t-on pas de faire d’autres victimes ?…

Le secret éclate, nous bouleverse, nous saisit, nous torture à notre tour. Et voilà qu’arrivent les dernières pages, dramatiques et déchirantes. Comme un poignard, la vérité jaillit.

Un roman captivant qui nous séduit par son écriture découvrant des histoires en miroir, liées en une seule et même peinture où la tragédie est à l’honneur.

Roman Adultes – 504 pages

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Des enfants trop parfaits, Peter James, éd. Pocket – 2015

des-enfants-trop-parfaits-412175-250-400Quand Naomi et John perdent leur fils de 4 ans, atteint d’une maladie génétique rare, ils sont prêts à tout pour que leur futur enfant soit en parfaite santé. Pour cela, ils ont recours aux service d’un généticien, le docteur Dettore. Un enfant qui ne sera pas porteur de leurs gènes mutés moyennant 400 000 dollars, John et Naomi n’en demandent pas plus…

Et pourtant, voilà que le docteur Dettore leur propose d’aller encore plus loin : choix de la couleur des yeux et des cheveux de leur enfant, traits de caractères, aptitudes physiques ou encore intellectuelles… Ce qui était la promesse d’un bel avenir va se révéler n’être que le début d’un cauchemar. Naomi est enceinte, et déjà les choses ne se passent pas comme prévu…

Dans un monde où tout peut être déterminé par la facilité des choix génétiques, n’y a-t-il pas des limites que la Nature nous impose ? 

Ce sont ces limites que Peter James nous livre au cœur de ce thriller palpitant. Ne nous attendons pas à un livre qui ne traite que de la conception génétique, l’auteur évoque le sujet sous un autre angle. Bien sûr, il nous montre que, comme tout, la science peut elle aussi avoir ses limites. Mais il aborde ici principalement l’impact psychologique et relationnel que peuvent engendrer les modifications génétiques, car cette conception programmée ne sera pas vraiment une joie pour les parents, qui découvriront très vite, malgré eux, l’angoisse et la peur, l’enlèvement et le meurtre…

Roman pour adultes – Catégorie Thriller – 548 pages

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